Vendredi 22 février 2008

                            Bonjour tout le monde....

plus vite, car le Maire de la commune a besoin de celle ci d’urgence. Il me fait aussi sous entendre qu’étant donné que je n’habite pas le Blanc, qu’il est difficile pour moi de donner des cours. C’est un coup de poignard dans la poitrine, que je reçois. Ce qui me prouve encore que je ne suis pas acceptée dans la région, et que le besoin de récupérer la salle du presbytère, était sans fondement.

Je dois recommencer de nouveau à chercher un local, car je ne peux pas abandonner mes élèves. Ce sont encore des parents d’élèves, qui me présentent un propriétaire, qui a un appartement à louer dans le centre du Blanc. Naturellement, tous ces changements, location, déménagement, assurance, ne sont pas sans dépense.

Décidément, dans ce Berry, c’est toujours la galère.

A cette époque, je n’ai encore que très peu d’élève,et les prix sont très très très bas, rien à voir avec la ville. Et je ne peux pas compter organiser un spectacle dans la salle des fêtes du Blanc, pour me faire un peu de publicité, puisque la salle des fêtes du

Blanc, est réservée aux habitants du Blanc.

Je n’y pense même pas. Malgré tout, je dois m’étendre dans le département, pour pouvoir vivre, car les communes sont trop petites, pour pouvoir rester dans une seule.

En 1986, tout en continuant avec les élèves de Chaillac et du Blanc, je propose malgré tout à ma commune un autre spectacle au profit du scanner de Châteauroux. J’organise mon spectacle, ou la deuxième partie est consacrée à la danse, avec un Professeur de danse d’Argenton sur creuse. De nouveaux décors sont en cours, dont un consiste en un grand panneau rond en polystirène, ou sont gravées à la pyrogravure, des notes de musique à la forme carrée. Une clé de sol, est également faite à la pyrogravure dans le polystirène, qui orne le côté du piano.

Pierre NICOLAS dessine également une danseuse grandeur nature en carton dur et peinte, pour la Professeur de danse, afin de donner un peu de relief à son spectacle, qui me semble à moi, un peu dépourvu de joie visuelle. Je dois dire que ce

Professeur n’a jamais accepté ce décor. Pourquoi ! je n’en sais rien. Pierre NICOLAS a donc lui même accroché la danseuse, au fond de la scène, derrière ses élèves.

A la suite de ce spectacle, un article passe dans la Nouvelle République du centre.

 

« SPECTACLE POUR LE SCANNER A CHAILLAC »

Pour sa deuxième représentation publique, Monsieur et Madame NICOLAS confirme son succès grandissant. Des enfants de 6 à 15 ans venant du Blanc, Saint Benoît du Sault, Prissac, Saint Sulpice les Feuilles et Chaillac ont tout fait pour que ce spectacle soit une réussite.

Spectacle en deux tableaux avec danses classiques et modernes, d’un Professeur de danse d’Argenton sur Creuse, danses mélangées dans le premier tableau que présentait plaisamment un animateur, attentif à tout ce petit monde. Le ballet se termina par un morceau de musique interprété sur deux pianos, par Katy et Nadège, «  les complices sisters », qususcitèrent un déferlement d’applaudissements.

La deuxième partie était du style cow-boy en passant par les corons à l’orgue, et terminant par un jazz-band qu’animait le groupe «  Vidéo Smashing ».

Le Maire de Chaillac, clôtura le spectacle par une brève allocution, félicita et encouragea cette initiative de brassage d’enfants des communes voisines ou éloignées, les remercia de leur participation et les invita à recommencer l’année prochaine.

Ce spectacle a eu lieu grâce aux donateurs bénévoles, qui ont aidé Monsieur et Madame NICOLAS , responsables de la lutte contre le cancer ».

Je suis heureuse d’avoir apporté dix mille francs, pour le scanner de Châteauroux, dans une petite commune comme Chaillac.

Lorsqu’il s’agit d’un spectacle qui est organisé pour une œuvre, il y a toujours énormément de personnes, qui se déplacent, et les dirigeants de la commune

sont contents, et ne pensent plus à ce moment là, que la musique classique n’est pas pour les enfants du Berry, et que le mélange des enfants de plusieurs communes n’est pas accepté.       

Ensuite, le Maire de Prissac, une autre commune de

l’Indre, me prête une salle et un piano, pour donner des cours de musique à quelques élèves, qui se sont déjà inscrits à la Mairie.

Petit à petit, je m’étends dans d’autres petites communes, à des distances assez éloignées les unes des autres. Mais à chaque fois, je rencontre de nouvelles difficultés. Comme cet exemple, à la Mairie de Saint Gaultier. Encore vétuste à cette époque, je me retrouve donc dans une petite salle, au sol défoncé, sur lequel j’ai eu beaucoup de problèmes à trouver une place stable, pour y installer un piano. Un piano qui ne m’a pas été prêté, que j’aie dû louer, et prendre une assurance. En comptant la location de piano, et les assurances dans chaque commune, je ne peux survivre, étant donné le faible coût des cours de musique en province. Trop de frais

pour le nombre d’élèves recueillis. Le Berry n’est décidément pas culturel. Je dois trouver une autre solution. Que dois je faire ? Que peut on faire dans un endroit pareil ? Je réfléchis. Je dois supprimer la location de piano, me déplacer vers les élèves, étant donné que les parents ne se déplacent pas, enfin supprimer les frais au maximum. Comment faire ? De toute évidence, toutes les communes ne m’accepte pas. A Argenton sur Creuse par exemple, le Maire de cette commune refuse même ma présence, et ne désire absolument pas que je m’installe une heure ou deux par semaine, de peur de faire du tort à son association de musique. Rien à voir cependant avec mes cours de musique. En tous cas, ce Maire a eu beaucoup de courage, pour m’envoyer son refus par lettre. Je ne dois pas non plus donner des cours à domicile, les distances sont trop éloignées, le temps est compté, la rentabilité non fiable. Je ne dois pas sombrer, je dois lutter et persévérer. Et tout en cherchant, je continue les cours avec les élèves du Blanc, de Lignac, de Prissac, et de Saint Gaultier.

Puis un jour, Pierre NICOLAS me regarde fixement, et s’écrie : «  Je crois que j’aie trouvé » Un camion aménagé pour la circonstance, avec une marque appropriée. Et c’est alors que le «  MUSICOBUS » de Pierre NICOLAS est né en 1986.

Je trouve facilement un crédit pour ce camion de déménagement que j’aménage doucement, afin qu’il soit accueillant. Puis je dépose la marque à l’INPI. Je suis contente d’apporter aux enfants du monde rural, une culture qu’ils ne trouvent pas encore dans les écoles de musique de province. Tout le monde est heureux de cette idée, et moi aussi. Mais je dois dire, que je suis un peu poussée par les évènements, car la galère existe toujours dans le Berry.

Je commence donc à donner mes cours dans un camion, qui n’est pas encore aménagé entièrement. Il y a à l’intérieur, qu’un tableau blanc, le piano que mon père m’a offert, et un poster de J.S. BACH . C’est alors que je parcours les petites routes de province, et que je stationne sur les places de village. Stationnement et endroits autorisés par le Maire évidemment.

C’est avec ce véhicule qu’en 1987, j’organise la fête de la musique, en parcourant cinq cents kilomètres dans la journée. Les enfants jouent sur les places des villages, ils sont enchantés, ils sont heureux de leur petit voyage.

En 1988, j’organise un spectacle à Prissac, avec l’aide des parents d’élèves. Toujours un spectacle bénévole naturellement. La scène se présente en salon, ou les différents objets sont apportés par les parents. Une partie moderne avec lampadaire, croissant de lune, cafetière, et plantes vertes, ornent le décor. Les enfants sont toujours habillés et maquillés, selon la partie représentée. Les filles sont heureuses dans leur robe en soie, et les garçons les admirent.

Entre mes parcours, je continue à aménager mon véhicule, en l’isolant d’une moquette murale, je le décore de posters de musiciens notoires, et je transforme le courant de l’orgue et de l’intérieur en 22O V, plus une aération pour l’été, et un chauffage pour l’hiver. Les photos des spectacles parsèment

aussi les murs de ce Musicobus. Et c’est en parcourant quotidiennement les routes sinueuses du Berry Sud, que je me fais une petite clientèle.

Et c’est en 1989, que je dois le premier petit coup de pouce, à un Journaliste de la Nouvelle République du centre, Monsieur Michel DIVET, qui est à la recherche d’une originalité, lorsqu’il me fait un grand portrait dans son journal, le 20 février 1989.

LE LAGARDERE DE LA CLE DE SOL

Après le « bibliobus » . le «  Musicobus ». Ou comment dans le Berry Sud un homme lutte seul pour apporter la culture à tous. Le camion vient de s’immobiliser derrière la Mairie de Saint Gaultier. Il est 13 h, l’heure de la leçon de piano hebdomadaire pour Aline. Le chauffeur du camion descend de sa cabine et salue la fillette et sa maman qui l’attendaient, puis, sans perdre de temps, se dirige vers l’arrière du véhicule, en ouvre les portes avant de déplier un petit escalier. Aline grimpe ce dernier prestement, son cartable sous le bras.

 

                                                                                                         A    bientot .....                          
Par Irène DEFOUGERES
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